L'amour est une histoire à dormir couché.
Paul Morand
Journal intime

 


Historique de l'Hypnose...

- Premières traces écrites vérifiables : il y a 3000 ans, en Égypte sous Ramsès II, 20ème dynastie... Nous avons la description d’une séance "d’hypnose", sur une stèle découverte par Musès en 1972.
- Puis à travers les siècles en Grèce : Socrate, et le "terpnos logos". Il se décrit lui-même comme "accoucheur d’âmes". Ou encore un de ses contemporains, Antiphon d’Athènes, dont le frontispice de sa maison annonce qu’il a le pouvoir de "guérir avec les mots". En Europe, druides et prêtres, et jusqu’au fond de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Australie et sur la Banquise (sorciers, chamans...) partout on retrouve des coutumes de soins et des rituels qui incorporent certains éléments de notre hypnose thérapeutique moderne....
- 1529, Paracelse, célèbre médecin et alchimiste suisse, livre les premières données scientifiques (pour son époque) sur le "magnétisme animal", tel que l'appellera Mesmer.
- 1750, le père Johann Joseph Gassner est considéré comme le précurseur de la thérapie avec son exorcimus probativus, assez proche de plusieurs pratiques thérapeutiques reconnues actuelles.
- 1766, le docteur Franz Anton Mesmer, disciple spirituel de Paracelse, inspiré par sa pratique et ses écrits devient le premier "psychothérapeute" des temps modernes avec le "Magnétisme Animal" (qui, entre nous, n’a rien de commun avec la pratique de l’Hypnose). Malgré ses détracteurs, il triomphe dans tous les royaumes civilisés... jusqu’en :
- 1784, Chastenet de Puységur, disciple de Mesmer, découvre la transe somnambulique (l’hypnose comme un "état" plutôt qu’une action extérieure). Et l’Abbé de Faria, moine portugais célèbre pour son apparition dans le Comte de Monte-Cristo, de Dumas, pose les premiers fondements de l’École de Nancy (prépondérance de la suggestion).
· La même année, Louis XVI ordonne une enquête sur l’existence du magnétisme animal. Une commission siégera, où l’on retrouve Benjamin Franklin, Lavoisier, Jussieu... son rapport final sera négatif quant à l’existence du magnétisme animal, mais positif quant aux résultats produits. Ce qui ne fait guère avancer la recherche.
Le contexte puritain de l'époque, effrayé de la proximité thérapeute/patient, redoute d'éventuels travers "sexuel" des mesmériens... le discrédit qui s’en suit signera la fin de l’âge d’or du mesmérisme.
- 1824, quarante ans plus tard, Deleuze codifie la pratique du magnétisme et le propulse à nouveau au premier rang des thérapies de l’époque. Partout en Europe, dans les cours royales et impériales, on soigne par mesmérisme.
- 1837, le rapport Husson réhabilite le "magnétisme" de Mesmer. Toutefois, il ne sera pas publié, par crainte du ridicule... comment expliquer l’existence de quelque chose que l’on ne peut quantifier ?
- 1841, James Braid, chirurgien écossais, pose les bases scientifiques de ce qu’il va appeler : "l’Hypnose". L’hypnose étant officiellement née, il crée dans la foulée la notion de monoïdéisme : selon Braid la transe hypnotique survient lorsque le patient est concentré sur une seule et unique idée. La théorie du magnétisme, trop impalpable, tend à être remplacée par l’idée d’une relation patient/thérapeute. De nombreux professionnels de Santé se lancent dans l'aventure...
· A la même période : John Elliotson, professeur de Chirurgie et inventeur du stéthoscope introduit l’utilisation de l’hypnose en hôpital, pour les anesthésies. Le docteur Parker (Mesmeric Hospital, Dublin) publie le compte rendu de 200 interventions sous hypnose, dont une amputation indolore ; et James Esdaille, chirurgien lui aussi écossais, exerçant à Calcutta, rapporte plus de 2000 interventions, dont 315 majeures réalisées sous "anesthésie mesmérienne"... C’est au tour de l’Hypnose d’avoir son âge d’or... jusqu’en 1846, avec l’invention du chloroforme, qui supplantera l’hypnose pour les anesthésies !... C’est la fin (pour un temps) de l’hypnose clinique.
· Pendant ce temps, aux États-Unis se créée la "Société du Magnétisme", à la Nouvelle Orléans, avec Morton Prince (personnalités multiples) et surtout Benjamin Rush, père de la psychiatrie américaine.
- 1866, Ambroise-Auguste Liébault, médecin de campagne, convainc le professeur Hippolyte Bernheim de l’importance de l’Hypnose. C’est le début de l’École de Nancy. Le professeur Bernheim donnera naissance au terme "Psychothérapie" en 1891, qui désigne sa méthode thérapeutique, basée sur la suggestion hypnotique.

Suite de l'historique...

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