Le bonheur appartient à ceux qui se racontent de succulentes histoires et qui
ont la ressource - ou le courage - d'y croire !
Alexandre Jardin
Le roman des Jardin
 


Hystérique (suite)

- 1878, Jean-Martin Charcot, titulaire de la première chaire de neurologie créée dans le monde fonde l’École de la Salpêtrière : l’Hypnose comme état pathologique rattaché à l’hystérie !... Et pour cause, dans le service où Charcot travaillait, il ne voyait que des femmes hystériques (elles ne le sont pas toutes !) Et il n’a jamais fait une induction : ses étudiants s’en chargeaient... De là à arriver à des conclusions hâtives, il n’y a qu’un pas... qu’il a franchi ! Mais sa position, vieille de plus d’un siècle, subsiste dans les esprits de bon nombre de médecins actuels... Bref, à l’époque, c’est le début de la fameuse "bataille" d’école la Salpêtrière-Nancy : "état pathologique" contre "état naturel"... laquelle bataille ne s’est terminée qu’à la mort (naturelle !) de ses antagonistes. Plus d'un siècle plus tard, la Science tranchera...
- 1885, Sigmund Freud, âgé de 29 ans, en stage à la Salpêtrière pendant quatre mois, se convainc lui aussi de la réalité du phénomène hypnotique et de son importance pour la compréhension des processus psychiques. Il achèvera sa formation en hypnose à Nancy avec Bernheim, en 1889, mais ne maîtrisera jamais vraiment la technique, qu’il abandonnera (à l’époque trop autoritaire, et ne correspondant plus à ses recherches). Toutefois, il enverra toute sa vie les patients ayant besoin d’une thérapie plus que d’une analyse à ses collègues hypnothérapeute !
-1891, nous voilà en Russie : A.A. Tokarski, mondialement connu pour ses travaux sur la mémoire, inaugure le premier "Cours d’Hypnose et de Psychologie physiologique" à l’université de Moscou. un peu plus tard, Ivan Petrovitch Pavlov, à travers son étude du système nerveux supérieur, élabore la théorie neurophysiologique de l’Hypnose, considérée comme un tournant décisif. L'Hypnose serait-elle finalement un état physiologique ?...
- 1900, en France, Émile Coué, simple pharmacien nancéen, après avoir appris les techniques de l’hypnose auprès de Liébault, répand sa désormais célèbre "Méthode Coué" de par le monde : Paris, Bruxelles, Londres, puis les USA où il est accueilli sur la Cinquième Avenue avec les fastes d’un dirigeant d’État !
- 1919, l’hypnose est passée de "mode"... Pierre Janet, père de la Psychologie Clinique, poursuit seul en France ses travaux sur le phénomène hypnotique.
· A la même période, K.M. Bykov, élève de Pavlov, jette les bases de la médecine psychosomatique et démontre que toute une série d’affections comme l’ulcère à l’estomac, l’hypertension artérielle, l’asthme, etc... peuvent être déclenchée par des perturbations de l’activité nerveuse supérieure.
- 1957, toujours en Russie, K.I. Platonov analyse l’importance considérable des mots chez les sujets en état hypnotique comme en état de veille "normal". Une expérience sidérante montre qu’il est possible d’accélérer la coagulation du sang et la cicatrisation d’une plaie ouverte, chez un sujet en transe hypnotique, au son d’un métronome. Ensuite, le seul son du métronome -hors hypnose- suffit à faire coaguler le sang. Et bientôt, on se rend compte que le mot "métronome" a le même effet ! Le cerveau humain est donc capable de se servir d’abstraction pour modifier son équilibre.
Avec Velvoski et Nikolaïev, Platonov met aussi au point la méthode d’accouchement dite "psychoprophylactique" (sans douleur). Et pendant ce temps, J.H. Schultz élabore en Allemagne son "Training autogène", inspiré des anciennes techniques d’auto-hypnose d’Oskar Vogt.
Aux États-Unis, les travaux géniaux de Milton Hyland Erickson, psychiatre américain né en 1901, bouleversent les conceptions de l’Hypnose et de la Thérapie en général. Bateson, Watzlawick, Weakland et Haley, membres de la fameuse École de Palo Alto, le considèrent comme le "père de la Communication moderne".
L’Hypnose Ericksonienne est née, et va grandir grâce aux élèves d’Erickson tels de Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi, qui va s’intéresser à ses fondements psychobiologiques. La pratique de Milton Erickson sera également aux origines de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) de Richard Bandler et John Grinder, dans le milieu des années 1970.
En 1979, Daniel L. Araoz, célèbre sexologue et hypnothérapeute, baptise cette forme de travail hypnotique : "Nouvelle Hypnose". A la même époque, des gens comme les docteurs Malarewicz et Godin, et surtout Alain Cayrol -qui fut le premier Enseignant français certifié en Hypnose Ericksonienne et en PNL, avec l’appui de Jeffrey Zeig, Richard Bandler et John Grinder- importent cette "Nouvelle Hypnose" en France. C’est le début de la
grande aventure !

Extraits du livre "Hypnose" d'Olivier Lockert.

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